Publication : 25 Novembre 2022 Mise à jour : 28 Novembre 2022 Temps de lecture : 3 min

Le permanagement : comment s’inspirer de la permaculture pour manager autrement ?

Quel est le rapport entre l’agriculture et l’organisation des entreprises ? Presque tout ! Et si on imaginait un modèle différent ? Éthique, collaboratif, authentique, durable. Pour les professionnels qui souhaitent avoir un impact positif sur la planète et sur la société, le permanagement, mode de management pensé à partir des principes de la permaculture est la formation en management qui peut booster votre management en télétravail, votre management des équipes à distance et aller bien au-delà : créer et développer une entreprise épanouissante au quotidien.


Qu’est-ce que la permaculture ?

La permaculture (mot-valise anglais formé à partir de « permanent agriculture » ; en français : « agriculture durable » ou « culture permanente ») est, à l'origine, une conception de l'agriculture durable fondée sur l'observation des écosystèmes et des cycles naturels et leur imitation. Elle a été élaborée dans les années 1970 par le biologiste australien Bill Mollison et son élève David Holmgren. La notion de permaculture a progressivement été étendue à une éthique définissant des modes de vie et un fonctionnement de la société souhaitables : prendre soin de l’être humain et de son environnement tout en favorisant l’abondance et le partage. Ce principe se transpose à d’autres échelles que celle de l’agriculture : l’école, la ville, l’alimentation, l’entreprise, le management, c’est une philosophie qui change notre rapport au monde de façon systémique.


En quoi la permaculture et nos jardins peuvent-ils inspirer une autre forme d’organisation ?

Le système de la permaculture, durable et soutenable, invite à appliquer les mêmes critères pour organiser la culture d’un jardin et l’organisation d’un groupe social. Le permanagement, c’est donc gérer un projet en considérant que l’entreprise et ses parties prenantes font partie du vivant et que leur interdépendance est indispensable à la survie du système global. Une philosophie, une éthique.
Pour réussir sa transformation, il faut changer de paradigme par rapport aux théories actuelles des modèles managériaux. Des mythes sont à déconstruire si l’on souhaite implanter le permanagement dans son organisation. Alexandra CAUCHARD*, CEO de Shaker et Nouvel Œil : « le management, ce sont des règles et des pratiques écrites pour améliorer la performance économique des organisations. Or, le permanagement demande de sortir de la guerre économique, de générer de l’harmonie entre les hommes et les femmes de l’entreprise, de partager les ressources et les surplus, de ne pas exploiter les ressources naturelles. » En somme, il faut orchestrer une activité collective qui permet la rencontre d’êtres vivants, au service d’une activité économique, dans la paix et dans le respect de l’environnement.


La formation du nouveau manager : le permanager

La première étape pour épouser cette philosophie, c’est de l’incarner. Se reconnecter à la nature, à son corps, à son mode de fonctionnement biologique, à son rapport aux autres afin de pouvoir créer son rôle de permanager. Des réponses doivent être posées : Quelle est ma niche personnelle, mes forces, mes aspirations ? Quelle est ma juste place ? Quel sens je veux donner ? C’est avec un travail approfondi sur ces questions que l’on aura la capacité d’embarquer d’autres individus et de les aider à trouver leur place.
Dans un fonctionnement permanagement, Alexandra CAUCHARD, indique que « chacun peut se développer en fonction de ses aspirations profondes, que le mode de fonctionnement de chaque être humain peut être respecté ».
Le permanager est un designer. Il conçoit des modes de fonctionnement en évaluant les impacts sur les éco systèmes. Pour ce faire, il cartographie et vérifie les potentiels effets en cascade sur son environnement (clients, collaborateurs, planète, etc.) pour ensuite maximiser le positif et minimiser le négatif. Son niveau de compétence en animation de la relation humaine est très élevé, il sait aménager des temps de feedbacks, gérer le bien-être, constituer des équipes diverses, éviter l’entre-soi et créer de la richesse en s’appuyant sur des points de vue différents. Il régule les conflits, dialogue avec des profils pluridisciplinaires, manage ses équipes à distance. Le challenge n’est évidemment pas simple car la place de sa valeur professionnelle est bousculée. Notre rapport au pouvoir et au collectif se voient dérangés. Lorsque l’on a été formé à la performance économique, à l’individualisme, à l’affection budgétaire, etc. et que ces méthodes nous ont permis de « réussir », le changement est délicat. Il nécessite de monter en compétences. C’est une transition qui, si on a envie de l’embrasser, nécessite un accompagnement en profondeur.


Le management, le télétravail et le permanagement

Avec le recours au télétravail, les modes de management évoluent : la culture du présentéisme et du « command and control », laissent désormais la place à plus d’autonomie et de confiance entre les salariés et les managers. Sylvain DENEUX, responsable du centre de formation entreprises de l'UDD : « Nous prônons un management qui laisse davantage de place à l’autonomie et à la confiance plutôt qu’au contrôle et aux reportings, à la coopération entre les équipes plutôt qu’au cloisonnement, afin de libérer la créativité et l’engagement. Nous n’hésitons pas, en plus des formations classiques, à recourir à des formats plus innovants tels que le permanagement pour s’inspirer des principes de la permaculture et développer un management plus respectueux de l’humain ». Pour autant, ce mode d’organisation du travail implique des points d’attention. L’expérience du télétravail nous amène collectivement à revoir nos représentations des concepts de pouvoir, d’autorité et de responsabilité, définitivement dépassés, dans un contexte où reconnaître l’engagement et la valeur de chacun est un vrai levier de performance pour l’entreprise. Avec le télétravail, les managers ont dû s’adapter, inventer de nouvelles façons de collaborer, repenser les pratiques de team building à distance, jusqu’à l’aménagement des espaces de travail.

Des entreprises comme Norsys, Archimag.com, Marie-Antoinette, se sont lancées dans l’aventure du permanagement avec succès. Ils publient en ligne leurs indicateurs, documentent leurs actions et la manière dont ils redistribuent leurs dividendes.
Tenté par une approche moins radicale ? Commencez par vous-même ! Et non avec l’ensemble de votre organisation. En se formant à distance, en apprenant à développer la créativité de chacun, en recrutant d’autres managers qui sont formés au feedback, à la vision systémique, à l’intelligence émotionnelle, etc. On peut commencer par devenir un permanager, respecter autrement les individus et la planète. Une porte d’entrée vers le permanagement.

Pour aller plus loin : notre formation sur le permanagement



* Intervenante et formatrice du centre de formation entreprises de l'UDD